Quel futur pour la Grande Halle de Colombelles ?

Trois lettres :  W, I, P pour Work In Progress. Cette association Caennaise, actuellement installée à Colombelle, a entamé un projet de réhabilitation de la Grande Halle. Ancien atelier électrique de la Société Métallurgique de Normandie et vestige de l’histoire industrielle de Caen, ce lieu laissé à l’abandon depuis des années n’attendait qu’une chose : reprendre vie.

Crédits Normandie Aménagement / Encore Heureux

Cette envie de réhabiliter la Grande Halle était déjà dans l’air depuis quelques temps. La beauté du bâtiment et son histoire ne laissaient personne indifférent et le besoin de le faire revivre était de plus en plus grand. La région avait d’abord pensé à y installer la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles). Les anciens métallos quant à eux souhaitaient aussi voir des projets naître au sein de la Grande Halle. Une effervescence montait alors petit à petit autour du projet. Mais c’était à Normandie aménagement, le propriétaire du bâtiment, que revenait la tâche d’imaginer ce qu’ils pouvaient mettre en place comme projet.

Naissance du projet

Ophélie Deyrolle, la présidente du WIP, travaillait pour Normandie Aménagement durant cette période de réflexion et c’est elle qui a été chargée d’étudier comment cette Grande Halle pourrait reprendre vie. « Nous devions prendre en compte que sur cet ancien site de la SMN, le quartier d’activité économique et le quartier d’habitat étaient déjà fortement développés, mais de façon très cloisonnée. Il n’y avait pas vraiment de lien entre les deux » déclare-t-elle. « L’idée était de faire de la Grande Halle un lieu d’accueil pour les petites entreprises et les créateurs de projets ». 

Le projet est donc lancé. La Grande Halle sera une terre d’accueil pour tous ceux qui ont une petite entreprise, qui veulent lancer un projet, le faire évoluer, pour les artistes, les créateurs… Finalement l’idée est de faire de cet ancien lieu où la fusion était reine à l’époque de la SMN, un tiers-lieu où on partage et on échange. Le principe du tiers-lieu « c’est d’être rassembleur d’idées collectives ou individuelles. Soit parce qu’on vient y travailler, y échanger, ou rencontrer des gens qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer… C’est à la fois des espaces de travail, de convivialité, d’échange, de culture et des processus d’animation qui permettent de tisser du lien entre toutes les personnes qui viennent pour une raison précise » explique Ophélie Deyrolle. Les personnes qui viendront à la Grande Halle ne sauront pas forcément ce qu’elles pourront trouver au sein de ce tiers-lieu, mais en repartant elles se seront enrichies, elles auront plus d’ouverture et de projets. Plusieurs grands principes portent ce concept : la coopération, l’entre-aide, l’envie de monter des projets collectifs qui servent le territoire.

Ce à quoi pourrait ressembler l’intérieur de la Grande Halle une fois le chantier terminé.  Crédits Normandie Aménagement / Encore Heureux

Passage au concret

La réhabilitation d’un tel bâtiment engage de nombreux acteurs ainsi que de nombreuses démarches. « Il a d’abord fallu qu’on recrute des architectes pour qu’ils valident l’état du bâtiment, fassent une proposition architecturale qui corresponde à l’organisation des espaces propres à un tiers-lieu, et ensuite chiffrent le coup de la réhabilitation » précise Ophélie Deyrolle. « Certes le bâtiment est en très mauvais état et ce projet est très coûteux, mais détruire et reconstruire aurait été tout aussi cher. Le choix de garder ce bâtiment et son cachet industriel était donc évident ». Normandie Aménagement a ensuite été proposer son projet aux collectivités afin d’obtenir de ces dernières des aides financières. Elles devaient également les aider à réfléchir à qui allait pouvoir porter ce projet et assurer un modèle économique viable et autonome afin d’être sûr que l’investissement engagé pour ce projet soit remboursé.

Il fallait alors trouver un gestionnaire qui puisse payer le loyer et les charges à Normandie Aménagement qui de son côté doit rembourser son emprunt. C’est dans ce contexte que l’association du WIP a été fondée et a endossé le rôle de gestionnaire. Et c’est donc à ce moment qu’Ophélie Deyrolle a quitté son poste à Normandie Aménagement pour créer l’association avec quatre autres personnes.

Pour l’instant le WIP pourrait être comparée à une jeune start-up qui innove mais qui ne vit pas encore de ses activités. « Nous répondons à des appels à projets, des appels d’offres ou des concours mais nous ne gagnons pas encore d’argent. Cependant cela ne va pas durer et nous allons bientôt pouvoir nous salarier » confie Ophélie Deyrolle. Par la suite, leurs revenus viendront de la différence entre les charges qu’ils devront payer à Normandie Aménagement et les revenus des loyers des sous-locations qu’ils feront au sein de la Grande Halle.

La Cité de Chantier vue de l’intérieur.

Suivre le projet

Les travaux ont commencé en Janvier 2018, et devraient durer deux ans. En attendant vous pouvez toujours suivre leur avancement en vous rendant à la cité de chantier, située juste à côté de la Grande Halle, lors des Wipéros organisés tous les jeudis soir, à partir de 18h30. Vous pourrez y découvrir la maquette de la Grande Halle, discuter avec ceux qui font vivre le projet, et pourquoi pas vous aussi devenir acteur. Le WIP organise également tous les deuxièmes vendredis du mois des déjeuner de la cité de chantier.

Si vous souhaitez avoir plus d’informations ou contacter le WIP, vous pouvez aussi vous rendre sur leur site internet : Le Wip

Nolwenn FOUQUET

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