PELICaenSH s’envole au Burkina Faso

Prévenir le diabète en Afrique, au Burkina Faso : voilà l’objectif que l’association étudiante PELICaenSH se fixe chaque été depuis 2013. Retour sur ce projet ambitieux.

Lucas, Jimi, Camille et Lila : ces quatre étudiants en santé se sont envolés en juillet dernier dans la région d’Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Ils ont participé au projet de prévention du diabète organisé par leur association.

« Chaque matin, nous sensibilisions massivement la population. C’est l’étape la plus importante pour lutter contre cette maladie » racontent les étudiants. Ces derniers informent la population sur le diabète et ses facteurs de risques, mais aussi conseillent sur les habitudes de vie à adopter pour anticiper son apparition. Une sensibilisation qu’ils accompagnent d’un dépistage.

En diagnostiquant les personnes à risque de diabète, les membres de l’association peuvent les diriger vers un centre de soins pouvant les prendre en charge. Les après-midis, quant à eux, étaient consacrés à un échange et un partage de leurs connaissances respectives avec le personnel des centres de soins. Des dispensaires où Lucas et ses camarades font dons de matériels. « Nous cherchons à étendre au maximum nos actions. C’est la raison pour laquelle nous changeons de zone dans la région tous les ans ».

S’initier à la solidarité internationale

C’est par l’association PELICaenSH (signifiant Projet Etudiant Local et International Caennais pour la Santé et l’Humanitaire), que ces quatre étudiants ont choisi de s’initier à la solidarité internationale et locale. Crée en 2011 par un groupe d’étudiants en pharmacie de Caen, elle regroupe aujourd’hui une trentaine d’étudiants en santé. Ils s’investissent dans des projets humanitaires aux thèmes variés, locaux, mais aussi internationaux.

Et à plus de 5000 kilomètres de Caen, les membres de l’association ont su mener à bien leur projet cet été pendant cinq semaines. Il faut dire qu’ils commencent à en avoir l’habitude. Créé en 2013, leur programme intitulé « Sensibilisation & Dépistage du diabète »  se concrétise pour la cinquième année consécutive. « Chaque année, les équipes changent. Nous les choisissons fin décembre voire début janvier. C’est un projet qui se prépare en amont tant au niveau du financement qu’au niveau de la logistique », explique Gaëlla, présidente de l’association. Cette initiative humanitaire permet ainsi à l’équipe de développer un esprit d’entraide et de découvrir de nouvelles cultures, tout en aidant des populations défavorisées.

Le diabète, un phénomène préoccupant

« On a l’habitude de parler du problème des maladies transmissibles en Afrique, mais beaucoup moins de diabète », affirme Amélie, vice-présidente santé publique de l’association. L’épidémie mondiale ne cesse de progresser et plus particulièrement dans les pays à revenus faibles. En Afrique, c’est un fait : le diabète tue plus que le SIDA. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 7.1 % de la population est affectée, alors que le continent concentre près de 1% des dépenses mondiales en santé. Une priorité sanitaire qui a poussé les étudiants à s’engager dans ce projet.

Une collaboration franco-burkinabé

Durant leur séjour, les membres de l’association travaillent en collaboration avec des des étudiants en pharmacie locaux. « Nous prenons contact avec eux dès la formation des équipes. Ils s’occupent à la fois de chercher des lieux pertinents pour la réalisation de nos actions, d’obtenir les autorisations pour notre projet auprès des autorités burkinabées et enfin trouvent nos logements », raconte Gaëlla. Une collaboration qui s’avère indispensable pour les membres du projet. « Nous travaillons en binôme franco-burkinabé là-bas. Cela permet avant tout un échange. Il nous faut une personne locale pour communiquer avec les patients ».

Assurer la pérennité du projet

600 personnes sensibilisées, 677 personnes dépistées dans trois villages différents : les chiffres témoignent du succès du projet. « Les objectifs sont toujours respectés voire dépassés. Nous espérons que cela continuera dans ce sens » poursuit-elle. L’équipe envoyée au Burkina Faso a déposé également du matériel à chacune de ces trois étapes afin d’assurer la pérennité du projet et permettre au personnel soignant de poursuivre la démarche engagée. La population locale aura donc la possibilité de bénéficier de dépistage gratuit tout au long de l’année. A cela s’ajoute le suivi de 19 personnes en hyperglycémie pour leur permettre de contrôler leur taux régulièrement.

Sans oublier le nerf de la guerre : le financement

Mais si leur projet porte ses fruits, il n’en reste pas moins qu’il faut le financer. « Dès septembre, tous les membres de l’association y participent ». Confections et ventes de gâteaux à la faculté de pharmacie, réalisation de paquets cadeaux pendant la période de fête, organisation de soirées : les étudiants en santé multiplient les actions. De même, ils se rendent régulièrement dans les centres commerciaux le week-end pour proposer à la vente tout type de produits artisanaux en provenance du Burkina Faso. Enfin, ils obtiennent des subventions ou des bourses de l’Université de Caen.Concernant le matériel, l’association PELICaenSH sollicite essentiellement les pharmacies pour obtenir glucomètres, antiseptiques, pansements, et autres produits.

Le programme « Sensibilisation & Dépistage du diabète » est également mené, via des actions similaires, au Togo par cinq autres membres de l’association. Un projet qui leur a permis d’ailleurs de remporter le trophée de l’étudiant lors de la 20ème édition ainsi qu’un chèque de 1000 euros. De quoi investir pour de futures missions…

Si vous voulez en savoir plus sur les projets de l’association https://www.pelicaensh.org/

Clara Demaison

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