Covoiturage : Blablacar ou Facebook choisissez votre camp

Depuis les années 2000, le prix du carburant n’a cessé d’augmenter et aujourd’hui, il a pratiquement doublé. S’est alors développé la pratique du covoiturage. D’abord, par des sites internet comme Blablacar, et aujourd’hui, avec les réseaux sociaux comme Facebook.

Avec plus de 10 millions d’utilisateurs en 2014, le site de covoiturage Blablacar (ex covoiturage.fr) est le leader du marché en Europe. Chaque jour, des milliers de trajets sont réservés sur la plate-forme. Blablacar, créé en 2006, regroupe huit sites internet distincts, assurant le covoiturage dans dix pays européens. Mais depuis quelques années, le covoiturage s’installe également sur Facebook.

Blablacar… mais pas que

En effet, si le succès de Blablacar n’est donc plus à prouver, depuis quelques années, une alternative à cette plate-forme a vu le jour. Sur Facebook, on voit émerger, depuis 2012, un grand nombre de groupes permettant de trouver ou de proposer des trajets reliant plusieurs grandes villes et notamment, des villes étudiantes. Ainsi, on compte par exemple 3 471 membres sur le groupe « Cherbourg – Caen », 1 050 membres sur le groupe « Alençon – Caen » ou encore 2001 membres sur la page « Caen – Paris ».

Quelles différences entre le système de Blablacar et la réservation Facebook ?

L’avantage, avec Facebook, réside dans le fait « qu’il n’y a pas de frais pour se mettre en relation avec la personne qui propose une offre » témoigne Emilie, étudiante Caennaise. On peut donc dialoguer facilement, s’organiser, trouver un point de rendez-vous qui convienne aux deux parties et ce, sans débourser un centime. Contrairement à Blablacar qui prélève aujourd’hui pour cela 15% du prix du covoiturage. Par ailleurs, le prix de trajet est fixé par le conducteur et la transaction se fait de main à main. L’intermédiaire de la machine n’est donc pas nécessaire, plus besoin de rentrer ses coordonnées bancaires sur internet !

Aucun contrôle d’un tiers : c’est aussi ce qui pourrait effrayer. Mais selon Emilie, les étudiants, majoritaires sur ce genre de groupe, « sont tous dans la même galère, personne n’a envie ni intérêt à arnaquer l’autre ». Et puis avec Facebook, le fautif serait vite dénoncé et fiché ! Le système est simple et sur certaines pages, notamment en début et fin de semaines, « on peut voir jusqu’à 50 propositions pour un même trajet, à des heures différentes ». De quoi avoir l’embarras du choix ! Malgré tout, de nombreuses personnes ne jurent encore que par Blablacar…

Covoiturage : méconnu sur Facebook, plus rassurant sur Blablacar ?

Mathilde, 19 ans, qui réalise souvent le trajet Caen – Lamballe (Bretagne), témoigne : « J’ai été directement initiée à Blablacar, je ne savais pas que le covoiturage existait sur Facebook ». Plus que la méconnaissance, l’habitude prime. « Les transactions sont plus sécurisées sur Blablacar, l’argent ne passe pas de main à main et le système de code délivré par le site internet assure d’arriver à destination ». En effet, avec Blablacar, le conducteur ne touchera l’argent que lorsque le passager lui aura donné le code fourni par la plate-forme au moment de la réservation du trajet. Par ailleurs, Mathilde précise que Blablacar permet de « voir exactement l’itinéraire du conducteur, de manière à savoir par quels endroits on va passer et où l’on peut éventuellement être déposé ». Il est même possible de connaître le type de voiture du conducteur et ses préférences : bavard ou non, musique ou pas, animaux, autorisation de fumer… De quoi programmer son trajet sur mesure. Enfin, les avis postés sur les conducteurs par les usagers du site servent de garantie.

Un aspect économique… et social !

Quel que soit le moyen utilisé, le covoiturage progresse. Léa, 19 ans, étudiante en esthétique à Caen partage son expérience : « En tant qu’étudiante, je trouve le covoiturage vraiment très intéressant. Quand on voit qu’un aller retour Caen-Cherbourg coûte 44€ en train alors qu’avec un covoiturage en tant que passager, on peut en avoir pour 5€ aller, 5€ retour… c’est vraiment valable ».

« Cela permet de rembourser l’essence et d’avoir de la compagnie pendant le trajet. Le prix de l’essence est très élevé, alors ça allège les frais de déplacement et la route passe plus vite. Et en plus, c’est écologique ! » , poursuit Baptiste, 22 ans, étudiant en école de commerce à Paris.

Il semble donc que l’aspect économique ne soit pas le seul point positif à cette pratique solidaire :

« Depuis que je fais du covoiturage j’ai rencontré énormément de personnes, témoigne Camille, 21 ans, étudiante en droit à Caen. Des étudiants de psychologie, de médecine, de STAPS, d’écoles de commerce… Mais aussi des pharmaciens, des professeurs… Ça permet d’en apprendre plus sur certaines formations ou certains métiers, de rencontrer des gens d’horizons différents. »

Via Facebook ou via Blablacar, le covoiturage a un bel avenir devant lui. Économie, solidarité, écologie, rencontres… rien ne semble noircir le tableau. Et pour ceux qui craignent les mauvaises rencontres, toutes les personnes interrogées déclarent « n’avoir jamais eu de problème particulier ». Alors pour les sceptiques qui n’auraient pas encore sauté le pas… en route !

Clara Leseigneur

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